Le Journal de Clémence

Souffler

Décrocher des écrans avant de dormir, sans culpabiliser

22 juillet 2026

Tu sais, ce moment où tu te glisses sous la couette, ton téléphone à la main, et tu te dis « juste cinq minutes » — et soudain il est 23 h 47 et tu viens de regarder trois vidéos de recettes que tu ne feras jamais ? Je connais ça par cœur. Pendant des années, le scroll du soir, c’était mon rituel. Jusqu’à ce que je réalise que ce n’était pas vraiment un rituel : c’était une fuite.

Ce qui m’a fait changer d’habitude

Un mardi soir banal. Les enfants couchés, la cuisine rangée (à peu près), et moi, affalée dans le canapé, le pouce en mode automatique. Je faisais défiler des vies parfaites sur un réseau social, et plus je scrollais, plus j’avais l’impression que la mienne était… insuffisante. Ce soir-là, j’ai éteint l’écran à minuit passé, le cerveau en ébullition. Résultat : une nuit hachée, un réveil au radar, et une journée où j’ai enchaîné les cafés comme si ma vie en dépendait.

Ce n’était pas la première fois. Mais c’est ce soir-là que je me suis dit : « Clémence, ça ne peut plus continuer comme ça. » Pas de grande déclaration, pas de résolution punitive. Juste un constat : mon sommeil méritait mieux.

Ce que les écrans font à notre sommeil

Je ne vais pas te faire un cours de neurosciences, promis. Mais comprendre ce qui se passe dans mon corps quand je fixe un écran le soir, ça m’a vraiment aidée à lâcher prise.

La lumière bleue des écrans envoie un message très clair à notre cerveau : « il fait jour, reste éveillée ! » Résultat, notre production de mélatonine — cette hormone qui nous aide à glisser dans le sommeil — est retardée. Concrètement, tu as l’impression d’être crevée, mais ton corps, lui, croit qu’il est 17 heures.

Et puis il y a le contenu. Les réseaux sociaux, les mails en retard, les infos anxiogènes… Tout ça active notre système nerveux au moment précis où il devrait se mettre en mode « pause ». Ce n’est pas juste une question de lumière : c’est aussi une question de charge mentale. Et ça, je trouve que personne n’en parle assez.

Créer un vrai sas avant la nuit

J’ai testé plusieurs approches. L’erreur que j’ai faite au début, c’est de vouloir tout changer d’un coup : « à 21 heures, plus aucun écran, point final. » Spoiler : ça n’a pas tenu trois jours. Ce qui a marché, c’est d’y aller en douceur, par petites touches.

Voici ce que j’ai mis en place :

Moment de la soiréeMon ancienne habitudeCe que je fais maintenant
Après le dînerJe range vite fait, puis je m’effondre sur le canapé avec mon téléphoneJe débarrasse en musique, je prends cinq minutes pour moi debout
21 hScroll des réseaux sociaux dans le canapéJe lis un chapitre de mon roman en cours, papier ou liseuse sans rétroéclairage
21 h 30Dernier coup d’œil aux mails, « au cas où »J’écris trois lignes dans mon carnet : ce qui était bien aujourd’hui, ce que je laisse partir
Avant de dormirTéléphone sur la table de nuit, notifications activesTéléphone en mode avion, dans le salon

Ce tableau, je l’ai affiché sur mon frigo les premières semaines. Efficace ? Complètement.

Remplacer le réflexe téléphone

Le plus difficile, ce n’est pas de poser le téléphone. C’est de remplir le vide qu’il laisse. Parce que le scroll du soir, au fond, c’est souvent une manière de s’anesthésier après une journée intense. Et si on remplaçait ce geste par quelque chose qui nous fait vraiment du bien ?

J’ai testé plusieurs alternatives. Prendre une douche tiède, juste pour le plaisir de sentir l’eau couler. Préparer ma tenue du lendemain — un geste tout bête qui m’évite le stress du matin. Boire une tisane dans mon mug préféré, celui avec des petits pois blancs, sans rien faire d’autre que la boire. Le sujet souffler 5 minutes dans une journée de dingue, j’en avais déjà parlé ici : c’est devenu ma bouée de sauvetage.

Petit à petit, mon cerveau a appris à associer la soirée à autre chose qu’un écran. Ce n’est pas venu en une semaine. Mais aujourd’hui, honnêtement, je ne reviendrais pas en arrière.

Ce que j’en retiens au quotidien

Quelques mois après ce fameux mardi soir, voilà où j’en suis. Je dors mieux, c’est un fait. Je m’endors plus vite et mes nuits sont plus profondes. Mais ce n’est pas le seul bénéfice.

Mes soirées sont devenues plus longues. Pas au sens littéral — une heure reste une heure —, mais je les remplis autrement. Je lis, j’écris dans mon carnet, je discute avec mon compagnon sans avoir un œil rivé sur une notification. Et le matin, je me réveille plus sereine. Moins dans la course, plus dans l’élan.

Je ne suis pas devenue une nonne numérique. Il m’arrive encore de regarder une série le soir, et c’est très bien. La différence, c’est que maintenant, c’est un choix. Pas un automatisme. Et cette sensation de reprendre le contrôle, elle vaut tout l’or du monde.

D’ailleurs, quand je prépare des dîners express en semaine ou que je teste une nouvelle astuce pour une maison rangée avec des enfants, je me rends compte que tout est lié : moins de fatigue, c’est plus d’énergie pour le reste. CQFD.

FAQ

Est-ce qu’il faut vraiment supprimer tous les écrans le soir ?

Non, et surtout ne te mets pas cette pression ! L’objectif n’est pas la perfection, c’est de trouver ton équilibre. Si regarder un épisode de ta série préférée te détend vraiment, garde-le. Essaie simplement de couper au moins trente minutes avant de dormir, et évite les contenus qui te stressent ou t’excitent. C’est ça, la vraie clé : la qualité de ce que tu regardes compte autant que la durée.

J’ai essayé de lâcher mon téléphone le soir, mais je n’y arrive pas. Des astuces ?

Commence par un tout petit objectif : cinq minutes sans écran avant de te coucher. Juste cinq. Utilise le mode avion ou une alarme qui verrouille certaines applis à une heure donnée. Ne laisse pas ton chargeur dans la chambre : branche ton téléphone dans le salon et investis dans un vrai réveil. Petit à petit, le geste devient moins automatique.

Est-ce que la liseuse compte comme un écran ?

Tout dépend du modèle ! Une liseuse à encre électronique sans rétroéclairage (ou avec une lumière chaude, orientée vers le haut) n’a rien à voir avec un téléphone. Elle n’émet pas la même lumière bleue agressive et elle ne te bombarde pas de notifications. C’est une excellente alternative pour lire avant de dormir. Le téléphone et la tablette, en revanche, garde-les hors de la chambre.

Combien de temps faut-il pour ressentir les effets ?

Les premiers bénéfices peuvent arriver très vite, parfois dès la première semaine : un endormissement plus rapide, moins de ruminations au coucher. Pour que les nouvelles habitudes s’installent vraiment et que ton sommeil profond s’améliore, compte plutôt trois à quatre semaines de régularité. Mais le plus important, c’est d’écouter ton corps : chaque soir où tu poses l’écran un peu plus tôt, tu lui offres un vrai cadeau.


Et si tu ne devais retenir qu’une seule chose de tout ça, ce serait celle-ci : commence ce soir, mais commence tout petit. Pas de règle absolue, pas de culpabilité. Choisis juste un geste — un seul — que tu as envie d’essayer. Branche ton téléphone dans le salon. Ouvre un livre. Respire trois fois avant d’éteindre la lumière. Tu verras, le reste viendra tout seul, à son rythme. Le tien. 🌙


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